Vous avez des questions ?   819.840.4544   info@fppu.ca

Tous les lauréats des

BOURSES FPPU

 

Bourse FPPU/SGPUQO 2025

Sandrine Villeneuve

Université du Québec en Outaouais

 

Étudiante au baccalauréat en psychologie, Sandrine Villeneuve a peaufiné ses connaissances au laboratoire Ricochet, qui cherche à favoriser le développement des enfants en examinant l’engagement parental et l’intervention en communauté. Elle s’est engagée publiquement durant la pandémie de COVID-19 pour inciter le gouvernement à inclure les personnes atteintes de cancer dans la liste de vaccination prioritaire. Cette avide lectrice est aussi une auteure publiée dans l’ouvrage collectif Minuit moins une. Félicitations, Sandrine!

 

Au sujet de ce prix

La Fédération du personnel professionnel des universités et de la recherche (FPPU) octroie chaque année des bourses d’excellence à des étudiants ou étudiantes d’exception. Chaque syndicat affilié attribue le prix dans son établissement en suivant les critères de son choix. Le Syndicat du groupe professionnel de l’Université du Québec en Outaouais (SGPUQO) décerne trois enveloppes de 1000 $ à des jeunes qui se distinguent par leur engagement social.

 

Sandrine Villeneuve, boursière FPPU/SGPUQO 2025 / photo Fondation UQO

 

Bourse FPPU/SGPUQO 2025

Hechun Ouyang

Université du Québec en Outaouais

 

Le nouveau bachelier en informatique Hechun Ouyang a contribué à maintes initiatives communautaires durant ses études. Entre autres, il a donné des conférences dans des écoles pour déstigmatiser l’itinérance et participé à rénover un camp d’été dans la région de Charlevoix pour Chantiers jeunesse. Ce citoyen du monde, qui parle quatre langues, a étudié un an à la Universidad de Jaén en Espagne. Il est de plus réserviste pour les Forces armées canadiennes. Tous nos vœux de succès l’accompagnent!

 

Au sujet de ce prix

La Fédération du personnel professionnel des universités et de la recherche (FPPU) octroie chaque année des bourses d’excellence à des étudiants ou étudiantes d’exception. Chaque syndicat affilié attribue le prix dans son établissement en suivant les critères de son choix. Le Syndicat du groupe professionnel de l’Université du Québec en Outaouais (SGPUQO) décerne trois enveloppes de 1000 $ à des jeunes qui se distinguent par leur engagement social.

 

Hechun Ouyang, boursier FPPU/SGPUQO 2025 / photo Universidad de Jaén

 

Bourse FPPU/SGPUQO 2025

Lyzanne Thibeault

Université du Québec en Outaouais

 

Étudiante à la maîtrise en travail social, Lyzanne Thibeault s’engage avec détermination pour ses valeurs de justice sociale et de défense des droits humains. À l’Université du Québec en Outaouais, elle a contribué comme assistante de recherche à l’Étude sur l’adoption québécoise, qui s’intéresse à la trajectoire des enfants adoptés. Celle qui est arrivée de Chine dans sa petite enfance a aussi servi comme administratrice à L’Hybridé, un organisme voué aux personnes adoptées adultes. Elle compte poursuivre son cursus aux cycles supérieurs et en recherche. La FPPU est fière de soutenir son parcours!

 

Au sujet de ce prix

La Fédération du personnel professionnel des universités et de la recherche (FPPU) octroie chaque année des bourses d’excellence à des étudiants ou étudiantes d’exception. Chaque syndicat affilié attribue le prix dans son établissement en suivant les critères de son choix. Le Syndicat du groupe professionnel de l’Université du Québec en Outaouais (SGPUQO) décerne trois enveloppes de 1000 $ à des jeunes qui se distinguent par leur engagement social.

 

Lyzanne Thibeault, boursière FPPU/SGPUQO 2025 / photo collection personnelle

 

Prix des pros de la recherche 2025

Croître avec les plantes

 

Natacha Mérindol coordonne un laboratoire qui étudie la production de molécules thérapeutiques par les plantes. Un champ de recherche fertile, où elle a pris racine par un beau hasard de la vie.

 

Au Groupe de recherche en biologie végétale de l’Université du Québec à Trois-Rivières, Natacha Mérindol est une espèce exotique. La docteure en microbiologie et immunologie se destinait à étudier les virus, pas les plantes médicinales. Malgré (ou grâce à) cela, elle a développé tout un axe d’expérimentation au laboratoire qui l’emploie. « Dire qu’au départ, j’étais nulle en biochimie », se remémore en souriant cette titulaire de deux postdoctorats!

 

C’est peut-être ce profil différent qui convainc la professeure Isabel Desgagné-Penix de la recruter en 2019. La professionnelle de recherche est chargée de fouiller une collection d’extraits de plantes pour y repérer des molécules à l’action antivirale. Avec l’aide de collaborateurs sénégalais et italiens, elle sélectionne un alcaloïde tiré des amaryllidacées, la famille de bulbes à fleurs qui inclut les jonquilles. Or, cette substance, la cherylline, parvient à neutraliser des virus à l’origine de dangereuses maladies tropicales, dont la dengue. La découverte mène à une déclaration d’invention ainsi qu’à plusieurs articles et partenariats scientifiques. Un jour, elle pourrait donner un médicament protégeant la santé humaine.

 

Transplantée dans un nouveau champ d’expertise, Natacha Mérindol a fleuri. D’où le Prix d’excellence des professionnels et professionnelles de recherche qu’elle reçoit en 2025, en 3e place dans la catégorie Nature et technologies. Les parcours variés des personnes primées au concours l’ont inspirée à candidater. « Ce prix représente la fierté que j’ai de mon travail, mais aussi l’importance du personnel scientifique dans un laboratoire », formule-t-elle.

 

Trois diplômes et un bébé : devenir mère au postdoctorat

La jeune Française d’origine découvre son goût pour le travail scientifique en 2001, quand elle s’inscrit en microbiologie et immunologie à l’Université de Montréal. Dix ans plus tard, elle entame un postdoctorat à Lyon, carrière professorale en vue. Puis l’imprévu s’invite dans sa vie… doté d’un joli nez en bouton. Le congé de maternité de deux mois et demi lui semble soudain bien étriqué. « J’ai vite compris que je ne pourrais pas laisser mon bébé aussi tôt », dit celle qui abrège alors son séjour.  Quand son mari québécois obtient un poste de médecin, elle le suit à Trois-Rivières, où le couple accueille bientôt un deuxième fils.

 

Après cette pause famille, la scientifique se lance en 2014 dans un second postdoctorat auprès d’un spécialiste du VIH. Lionel Berthoux, chercheur en virologie à l’UQTR, lui confie son premier contrat de professionnelle de recherche. C’est ainsi qu’elle découvre une carrière centrée sur le travail de proximité avec la relève, au cœur même du laboratoire. Alors que les profs croulent sous les tâches managériales, les pros gardent les deux mains plongées dans la science au quotidien. Sa définition du bonheur!

 

La professionnelle Natacha Mérindol, vêtue d'un habit de protection bleu, effectue une manipulation dans un laboratoire universitaire.

 

En 2018, Natacha Mérindol étudie le virus du VIH comme postdoctorante à l’UQTR. / source Néo UQTR

 

De la recherche sur les virus à celle sur les plantes médicinales

Son contrat terminé, elle se présente à Isabel Desgagné-Penix. La titulaire d’une chaire de recherche du Canada sur le métabolisme spécialisé végétal voit son équipe croître à plus de 40 membres. Elle a besoin d’une tête bien faite pour l’assister. Devant elle se tient une candidate qui, sans être biochimiste, détient une solide expérience en analyse scientifique. La professeure choisit de miser sur l’« incroyable capacité d’adaptation » de sa recrue.

 

Natacha Mérindol profite de ce contrat à temps partiel pour faire ce qu’elle fait le mieux : apprendre. « J’ai suivi des cours de biochimie “en cachette” pour acquérir les bases », s’amuse la professionnelle, qui se lance aussi dans une maîtrise en bio-informatique. Bientôt, la novice trouve ses repères, obtient une tâche pleine et gère le quotidien du labo entier. « Il ne faut pas être frileux d’essayer des techniques ou de s’approprier des compétences », juge-t-elle. Son slogan favori face à un défi? « Je ne sais pas le faire, mais je sais que je suis capable de le faire. »

 

La flore comme pharmacie : exploiter le potentiel thérapeutique des plantes

Le laboratoire Desgagné-Penix étudie le potentiel thérapeutique de plantes comme le vanillier et le cannabis. Sans oublier les amaryllidacées, dont on tire la galantamine, un médicament qui atténue les symptômes de l’alzheimer, et dont les diverses molécules font l’objet de plusieurs expériences. Par quels mécanismes les végétaux produisent-ils ces composés guérisseurs? Comment les reproduire de façon écoresponsable en utilisant des microalgues en guise de minuscules usines biologiques? L’équipe teste en outre les propriétés de diverses substances en collaboration avec des compagnies québécoises telles que le Groupe Santé Devonian.

 

Si la professionnelle s’adonne aujourd’hui à l’ingénierie métabolique et à l’étude des voies de biosynthèse, sa formation d’origine n’est pas perdue pour autant. La pandémie se charge de la réactiver… En 2020, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec travaille à accélérer l’analyse des tests de COVID-19. La voilà qui s’enrôle comme experte scientifique en microbiologie.

 

« C’était tellement la panique qu’on remettait en question tout notre savoir sur les virus, se souvient-elle. Il fallait retrouver nos bases. » Avec le chercheur Hugo Germain et le microbiologiste-infectiologue Alexis Danylo, elle expérimente des méthodes simples. L’une d’elles consiste à plonger l’échantillon dans l’eau plutôt que dans un milieu de culture, puis à le faire chauffer pour exposer l’ARN du virus (détails dans Québec Science). La technique double le nombre de tests traités à l’heure dans plusieurs hôpitaux. Elle paraît dans le Journal of Clinical Virology en juillet 2020, suscitant un grand intérêt à l’étranger.

 

La contribution sociale appartient aussi aux tâches scientifiques!

Natacha Mérindol s’investit avec cœur dans plusieurs initiatives civiques. Une doctorante suggère de monter une candidature pour le Prix sur l’équité, la diversité et l’inclusion décerné par le Bureau canadien de l’éducation internationale? Elle fonce, et l’équipe reçoit la distinction en 2020. L’Association québécoise autochtone en science et en ingénierie la recrute comme juge à l’Expo-sciences autochtone Québec? Elle s’y rend chaque année. En 2021, elle a même coorganisé l’événement avec sa chercheuse.

 

La lauréate a aussi copiloté l’acquisition d’une laveuse à embouts de pipettes qui épargne chaque année des centaines de boîtes de ces bidules en plastique. Leur réutilisation sauvegarde la planète… et le budget de l’équipe, qui récupère des milliers de dollars. « Réduire notre impact environnemental soulage le stress de la pollution qu’on peut commettre en recherche », explique cette maman soucieuse du futur de ses fils.

 

L’engagement propulse cette adepte de taekwondo, qui a conquis sur le tard sa ceinture noire. Son mari et elle avaient commencé à suivre des cours avec leurs garçons en mode parent-enfant. « On voulait que les enfants apprennent l’autodéfense; finalement, on a tous adoré ça. » Tellement que le couple donne maintenant des leçons dans un dojang trifluvien!

 

Les pros de la recherche, ces mentors et mentores du labo

Rien cependant ne l’allume autant que son quotidien de lab manager — un terme anglais qui lui semble juste. Elle aime corédiger des demandes de fonds, monter des expériences, réviser des manuscrits… Surtout, elle adore accompagner la relève dans son apprentissage scientifique. « Une professionnelle de recherche, c’est d’abord une mentore, toujours présente au laboratoire pour répondre aux questions et régler les problèmes, décrit-elle. Les étudiants sont ma priorité. » À l’UQTR, elle a guidé une quarantaine de jeunes aux cycles supérieurs, en excluant ses mandats de chargée de cours.

 

Natacha Mérindol reçoit son prix comme un symbole de la valeur de son métier. Cette reconnaissance est bienvenue, car la passionnante carrière des pros de la recherche, hélas, a ses ingratitudes. Faite de contrats brefs qui dépendent des subventions, elle engendre une précarité qui ne sert ni la science ni les gens qui la font. « Créer des postes stables serait un gros pas en avant pour le monde de la recherche », plaide la lauréate. Un milieu dont elle souhaiterait bien ne jamais être déracinée.

 

Au sujet de ce prix

Les Prix d’excellence des professionnels et professionnelles de recherche mettent en lumière l’apport crucial de ce personnel à l’avancement du savoir et à l’innovation au Québec. Ils ont été créés en 2016 par le Fonds de recherche du Québec avec le soutien de trois syndicats, dont la FPPU. Trois bourses de 2500 $, 1500 $ et 1000 $ sont attribuées dans chaque catégorie : Nature et technologies, Santé ainsi que Société et culture.

 

Photo : Natacha Mérindol, 3e place dans la catégorie Nature et technologies aux Prix d’excellence des professionnels et professionnelles de recherche 2025. / collection personnelle