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Immigration : Québec, tiens tes promesses!

Immigration : Québec, tiens tes promesses!

La Fédération du personnel professionnel des universités et de la recherche (FPPU) a bravé le froid hivernal samedi dernier pour manifester aux côtés du collectif Le Québec c’est nous. Le 7 février, des centaines de gens ont protesté dans sept villes contre l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), qui laisse des milliers de personnes immigrantes dans la crainte d’un renvoi. Notre équipe s’est jointe aux organisations syndicales et citoyennes qui demandent au gouvernement caquiste une sortie de crise empreinte d’humanité.

« Nous réclamons un traitement plus juste des individus qui contribuent à la vie économique et académique du Québec », énonçait Claude Fortin, présidente de la FPPU, au retour de la manifestation de Montréal. « Mais aussi, nous défendons le dynamisme de la communauté universitaire, essentiel au bien-être de nos membres. L’abandon du PEQ nous paraît préoccupant à cet égard. »

Fin du PEQ : une perte pour les universités et la recherche

Pour le milieu de l’enseignement supérieur et de la recherche, qui se nourrit de la diversité des esprits et du brassage des idées, le retrait du PEQ constitue une mauvaise nouvelle. Il laisse craindre le départ de membres du personnel universitaire, notamment dans le corps professoral et dans les équipes scientifiques. Il nuit aussi aux efforts pour attirer la communauté étudiante internationale, ce qui entraîne une perte en capital humain et financier. Plusieurs recteurs du réseau de l’Université du Québec ont d’ailleurs exprimé leur opposition, notamment à Trois-Rivières.

Ce sacrifice de talents préoccupe les professionnels et professionnelles de la FPPU, dont plusieurs accompagnent au quotidien la population étudiante venue de l’étranger. Pensons aux conseillers en immigration, aux responsables de laboratoire, aux agents de recrutement, et à bien d’autres encore, dont la compassion est mise à rude épreuve.

Montage de trois photos représentant le personnel de la FPPU lors des manifestations du 7 février 2026.
À Montréal : Marie-Eve Fortin, Claude Fortin et Mathilde Valentini, accompagnée de sa mère. À Trois-Rivières : Emma-Émilie Gélinas, son fils et sa soeur. À Québec : Patrick Pollefeys (APPENAP), Mélanie St-Hilaire et Geneviève Godbout (SPPFRQ).

« Mon école, mes amis, ma maison, c’est icitte »

À Montréal, Québec et Trois-Rivières (les villes où nous avons marché), les manifestations se sont déroulées dans une ambiance paisible, quoique lourde de déception et de colère. Dans un cri du cœur, la foule a réclamé une clause de droits acquis pour les personnes établies ici, qui avaient rempli les conditions du PEQ avant son abolition. Des gens ont décrit leur sentiment de trahison et d’angoisse à l’idée de devoir quitter le Québec après y avoir rebâti toute leur vie.

Les pancartes brandies en disaient long. « Mon école, mes amis, ma maison, c’est icitte. » « M. Roberge, on ne construit pas le Québec en brisant des familles. » « Crissez-moi pas dehors, je contribue! $$$ »  

Le personnel de la santé devrait pouvoir rester, mais les autres?

Le PEQ offrait un chemin rapide vers la résidence permanente aux personnes d’origine étrangère venues travailler ou étudier ici, souvent à la suite d’une campagne de recrutement soutenue par l’État. Sa suppression subite déracine des milliers d’individus et de familles. En privant le Québec d’une main-d’œuvre essentielle, elle fragilise toute la société. La pression monte pour régler cette situation, décriée par des syndicats, des municipalités, des chambres de commerce et des entreprises.

Le ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Jean-François Roberge, a annoncé un compromis le 5 février. Le milieu de la santé devrait ainsi pouvoir conserver ses quelque 6300 employés et employées en attente de leurs papiers. Le candidat à la chefferie de la CAQ Bernard Drainville propose maintenant d’allonger la liste des domaines prioritaires. Cependant, des milliers d’autres personnes s’inquiètent toujours de leur sort dans les secteurs moins privilégiés. La lutte continue.

Photo du haut : Manifestation contre la fin du PEQ, tenue à Québec le 7 février 2026. / images collection FPPU