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Négociation raisonnée à Moncton

Négociation raisonnée à Moncton

L’Association du personnel administratif et professionnel de l’Université de Moncton (APAPUM) dispose d’une convention collective renouvelée de A à Z. Et ce n’est pas une exagération! Pour la première fois dans l’histoire de l’établissement néobrunswickois, les parties patronale et syndicale se sont prêtées à une négociation raisonnée. Ensemble, elles ont revu et corrigé quasiment chaque article de l’entente signée le 15 avril dernier. Ce marathon de conciliation a mené, après 14 mois d’efforts soutenus, à une modernisation majeure de l’accord qui fixe les conditions de travail des employés et employées à qualification élevée. 

Qu’est-ce que la négociation raisonnée? En gros, cette approche propose aux comités adverses de se centrer sur leurs intérêts communs pour imaginer de concert des solutions aux enjeux qu’ils peuvent rencontrer. Aux traditionnels cahiers de demandes, on substitue des discussions de fond sur les défis vécus au sein de l’organisation. Des chercheurs de l’Université de Harvard ont élaboré dans les années 1980 cette méthode, qui se popularise peu à peu sur le marché de l’emploi.

Réviser la convention collective : le fond et la forme

L’Association a proposé la démarche à l’employeur avec l’aide de la Fédération du personnel professionnel des universités et de la recherche. « La FPPU s’intéresse depuis longtemps à ce mode de négociation qui s’inscrit dans sa vision d’un syndicalisme axé sur le dialogue, rapporte la conseillère en relations de travail Mathilde Valentini. Or, l’Université de Moncton démontrait une grande ouverture pour tester cette approche. La directrice des ressources humaines avait exploré le sujet lors d’une formation et envisageait l’exercice avec enthousiasme. Un vice-recteur a aussi assisté à des séances comme observateur. »

Le travail de fond sur les conditions d’emploi s’est accompagné d’un travail de forme visant à clarifier les articles de la convention collective et à les tourner en style épicène. « Tout cela a beaucoup allongé la phase de négociation, mais a permis la rédaction d’une entente plus moderne et efficace », conclut Me Valentini. Le précédent accord patronal-syndical avait pris fin en avril 2023.

Plusieurs avancées pour le personnel professionnel

Cet effort de coopération a généré des gains concrets pour les quelque 120 professionnels et professionnelles de l’Université de Moncton. L’avancée la plus significative? L’inclusion du personnel professionnel dont l’emploi dépend d’un financement externe. Une vingtaine de personnes, dont la paie provient pour la plupart des fonds de recherche, gagnent la protection du syndicat ainsi que des conditions de travail plus stables. Elles se joignent ainsi à un mouvement en cours dans de nombreux établissements québécois pour sécuriser la main-d’œuvre scientifique. (À titre d’exemple, rappelons le succès remporté par le syndicat professionnel de l’Université de Sherbrooke en janvier 2023.)

L’ensemble des membres profiteront également des nouveautés suivantes :

— Le télétravail est désormais accordé deux jours par semaine, à moins que l’employeur ait un motif valable de le refuser.

— Trois jours de congés payés par an sont offerts pour prendre soin d’une personne de sa famille.

— Les heures supplémentaires sont compensées à taux et demi plutôt qu’à taux simple au-delà de 40 heures par semaine.

— Le congé à traitement différé devient accessible après quatre ans de service au lieu de six ans.

— Le personnel temporaire est désormais syndiqué dès l’embauche plutôt qu’après six mois d’ancienneté.

— Les gens figurant sur la liste de rappel peuvent refuser un poste sans perdre leur priorité pour postuler un autre emploi.

« Ç’a été une très belle expérience de négociation. Un gros travail d’équipe a été réalisé pour améliorer la convention collective », commente la dynamique présidente de l’APAPUM, Lynn Courteau.

Le contrat de travail le plus court !

Les négociations se poursuivent, car la convention collective 2025-2026 doit échoir dès avril prochain. Si elle s’applique durant un an seulement, c’est pour permettre au personnel de profiter des nouveaux avantages pendant que les parties résolvent les enjeux plus épineux touchant la rémunération et les vacances. Des travaux se poursuivent aussi avec un cabinet spécialisé pour actualiser la structure salariale. Ces éléments importent grandement aux professionnels et professionnelles, qui affichent une satisfaction élevée à l’égard de leurs conditions d’exercice, mais beaucoup plus faible à l’égard de leur paie. La suite de l’histoire au printemps prochain!

L’APAPUM signe sa nouvelle convention collective le 15 avril 2025 à l’Université de Moncton. Devant : Conrad Melanson, comité négo; Mathilde Valentini, avocate FPPU; Lynn Courteau, présidente APAPUM; Denis Prud’homme, recteur; Johanne Savoie, directrice ressources humaines; Gabriel Cormier, vice-recteur administration et ressources humaines. Derrière : Marc Belliveau, partenaire d’affaires; Lynn Bissonnette, comité négo; Stéfanie Wheaton, registraire; Stéphanie Lasnel, partenaire d’affaires; Matthieu LeBlanc, vice-doyen arts et sciences sociales. / photo Philip Boudreau