L’université doit devenir un enjeu électoral
Sur de nombreux campus du Québec, nos membres ont participé aujourd’hui au déploiement d’une bannière en soutien aux universités. Des rassemblements avaient lieu sur le coup de midi dans 16 des 18 établissements d’enseignement présents sur le territoire. Toutes les catégories de personnel se sont unies autour du même objectif : demander aux partis qui souhaitent diriger le Québec de clarifier leurs engagements en éducation supérieure.
« Cette campagne est demeurée jusqu’ici pratiquement muette face aux enjeux universitaires et scientifiques », a déploré Claude Fortin, présidente de la Fédération du personnel professionnel des universités et de la recherche (FPPU). « Il reste moins de deux semaines avant les élections. Mettons-les à profit pour réfléchir aux défis de notre milieu, car ils auront un impact sur toute la société. »
Quelles promesses électorales pour l’enseignement supérieur?
Le magazine Affaires universitaires compile les engagements électoraux en éducation supérieure formulés par tous les partis. La liste est encore courte, et vague par endroits.
Au-delà des allégeances, ce débat devrait intéresser tout le monde. Le monde universitaire affronte actuellement des bouleversements d’une ampleur inédite. Instabilité économique, modification des politiques d’immigration, intelligence artificielle, montée de la désinformation : on se bat sur tous les fronts à la fois.
« Dans ce contexte, l’inaction n’est pas une option, poursuit Claude Fortin. L’université joue un rôle clé dans la société, en formant la main-d’œuvre et en générant les connaissances de demain. Nous demandons à tous les partis, peu importe la couleur de leurs pancartes, de publier leurs intentions pour soutenir l’écosystème du savoir. »
Des bannières roses sur un grand nombre de campus
Les membres de la FPPU ont répondu à l’appel aux côtés d’autres groupes universitaires. Environ 150 personnes se sont rassemblées à l’Université de Sherbrooke, où manifestait Claude Fortin. Les universités du Québec à Chicoutimi, à Trois-Rivières, en Abitibi-Témiscamingue et en Outaouais ont aussi hissé la bannière rose. Nos syndicats locaux (APAPUS, SGPUQO, SPPUQAT, SPP-UQAC et SPP-UQTR) y étaient. Leurs délégations brandissaient des affichettes bleues ou orangées, ces dernières identifiant les professionnels et professionnelles de la recherche.




La vice-présidente de la FPPU, Emma-Émilie Gélinas, se trouvait à Trois-Rivières, où l’initiative a rassemblé dans une ambiance conviviale une foule modeste, mais très engagée. « Les gens présents représentaient la quasi-totalité des associations et syndicats, tous unis pour défendre le financement public des universités », souligne-t-elle.
Cet événement était coordonné par la Table des partenaires universitaires, qui regroupe la FPPU et de nombreuses autres organisations professionnelles et étudiantes. On peut lire ici le communiqué officiel au sujet de cette action concertée. Nous resterons à l’affût des développements d’ici le lundi 5 octobre, date des prochaines élections au Québec.
Une coalition intersyndicale déploie la bannière rose à l’Université de Sherbrooke, le 22 septembre 2026 à 12 h. À gauche de la banderole, le président de l’APAPUS, Pascal Morin, semble introduire le slogan. En bas à gauche, Claude Fortin, présidente de la FPPU, tient une affichette orangée. / photo Michel Caron, UdeS