Tous les lauréats des
BOURSES FPPU
Bourse FPPU/SPPROC 2022
Lynda Agbo
CHU de Québec–Université Laval
«Apporter un peu de bonheur ou d’aide autour de moi est mon leitmotiv de vie», affirme Lynda Abgo. Et elle en fait la preuve! La doctorante en médecine moléculaire mène de brillantes études pour devenir professeure en cancérologie, dont témoigne son CV. Mais son engagement social dépasse les murs du laboratoire du Dr Jean-Philippe Lambert, au Centre de recherche du CHU de Québec–Université Laval.
Présidente de l’Association des étudiantes et des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (AELIES), elle participe à la promotion du transport en commun, notamment par cette vidéo. Elle a contribué à organiser de nombreux événements scientifiques, dont le congrès tenu par l’Acfas en mai 2022, et siège à plusieurs comités. De plus, elle dirige l’Association des Béninois et Béninoises du Québec pour faire connaître son pays natal.
À la rentrée d’automne, cette bénévole pour plusieurs groupes caritatifs agira à titre d’ambassadrice de l’implication étudiante à l’Université Laval. Pour l’intarissable énergie qu’elle applique au bien commun, Lynda Marie Clémence Agbo remporte l’une des deux bourses d’excellence FPPU/SPPROC 2022.
Au sujet de ce prix
La Fédération du personnel professionnel des universités et de la recherche (FPPU) octroie chaque année des bourses d’excellence à des étudiants d’exception. Chaque syndicat affilié attribue le prix dans son établissement en suivant les critères de son choix. Le Syndicat des professionnelles et professionnels de la recherche œuvrant au CHUL (SPPROC) remet 500 $ à deux personnes reconnues pour leur implication sociale.
Lynda Agbo, lauréate d’une bourse FPPU/SPPROC 2022. / image Tramway de Québec
Prix des professionnels de recherche 2022
Claudia Moreau
Université du Québec à Chicoutimi
S’amuser avec les données
Par la bio-informatique, Claudia Moreau sonde les mystères de notre ADN. Ceux qui nous lient à nos aïeux comme ceux qui nous prédisposent à certaines maladies.
En novembre 2011, Claudia Moreau a connu un moment de grâce du genre qui fait rêver le monde de la recherche. La prestigieuse revue Science a publié l’un de ses articles! Avec une équipe de chercheurs, la professionnelle avait analysé la généalogie des pionniers ayant peuplé Charlevoix et le Saguenay–Lac-Saint-Jean durant trois siècles. Elle avait alors découvert que la génération qui défrichait une région, le « front de colonisation », faisait plus d’enfants que celle laissée derrière. « Ces gens avaient plus de chances de transmettre leurs gènes, peut-être parce qu’ils avaient de l’espace pour s’établir et un mode de vie très actif », explique-t-elle. Une trouvaille que la publication scientifique américaine a célébrée par une conférence de presse à Montréal.
Analyser des masses d’informations pour en tirer du sens, voilà ce qui passionne cette mordue de bio-informatique. « J’aime m’amuser avec les données pour voir ce qu’il peut en sortir d’intéressant, résume-t-elle. C’est le conseil que je prodigue à tous les étudiants que je côtoie : ayez du plaisir! » Une sage approche, qui lui vaut aujourd’hui la troisième place dans la catégorie Santé aux Prix d’excellence des professionnels de recherche 2022.
Titulaire d’une maîtrise en médecine expérimentale, Claudia Moreau travaille depuis 2018 au laboratoire Genopop, dirigé par le professeur Simon Girard à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). Entre autres projets, l’équipe fouille le génome humain pour y trouver les causes de maladies neuropsychiatriques, dont l’épilepsie et la schizophrénie. La lauréate y gère un ensemble de données massives qui figure parmi les plus importants au Canada.
La native de la région de Baie-Comeau quitte tôt sa région pour étudier en science. En 2001, elle lance sa carrière de professionnelle au centre BALSAC, à l’UQAC. Ce dernier reconstitue l’histoire de la nation québécoise par la généalogie en s’appuyant sur une colossale base de données. Elle se joint ensuite à l’équipe d’un spécialiste de la génétique des populations, le professeur Damian Labuda, au Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, à Montréal. Pendant 15 ans, elle y travaille sur des sujets comme l’« effet fondateur », ces particularités du génome qui apparaissent quand un pays est peuplé par un nombre restreint d’ancêtres. Elle contribue à monter une cohorte de plus de 800 personnes qui fournissent leur ADN ainsi que leur arbre généalogique. Elle se déplace sur un vaste territoire pour recruter des participants et participantes, de la Gaspésie à l’Abitibi.
« Diffuser la science, j’adore ça, confie-t-elle. Les gens n’ont pas idée de ce qu’on fait, mais quand on prend le temps de l’expliquer, ils comprennent très bien. Démocratiser la recherche est important pour moi. » Tous les moyens sont bons pour faire connaître les travaux auxquels elle contribue. Articles, entrevues, exposés… En 2017, elle présente au musée Pointe-à-Callière l’art d’identifier les os anciens des ancêtres en mariant génétique et généalogie. Québec Science explore le sujet dans une nouvelle et un interview.
Cette grande curieuse n’hésite pas à retourner sur les bancs d’école au besoin. C’est ainsi que l’évolution des technologies la pousse vers la bio-informatique, en 2006. L’époque se termine où l’on étudiait des régions bien circonscrites du génome en effectuant des manipulations à la main. En voyant exploser le nombre des données issues du séquençage, la scientifique comprend qu’elle ne pourra bientôt plus les traiter dans Excel… Dans la trentaine, entre ses deux grossesses, elle se forme en programmation à l’Université de Montréal. Elle ajoute ainsi un cours par semestre à son travail à temps plein et à sa vie de jeune maman. « Je rêvais la nuit à des lignes de commande », rigole-t-elle! Aujourd’hui, elle réalise ses propres analyses en recourant aux serveurs ultrapuissants de l’Alliance de recherche numérique du Canada et initie la relève de l’UQAC à cette discipline.
Établie à Laval, la professionnelle coordonne le laboratoire à distance — une expérience qui s’est révélée bien utile durant la pandémie. Elle guide les étudiants et étudiantes dans leurs projets, rédige des demandes de subvention, rencontre le comité d’éthique. Elle a publié jusqu’ici une quarantaine d’articles, dont neuf comme première auteure.
Ces temps-ci, elle se consacre aussi à la science citoyenne avec la Cohorte participative du Québec. L’équipe recrute des personnes qui ont passé des tests d’ADN proposés par des compagnies comme Ancestry, 23andMe et MyHeritage. Elle espère ensuite croiser ces données brutes avec les informations liées à leur filiation. « On souhaite ainsi inclure des gens de tous les milieux et toutes les origines, car notre premier groupe comprenait surtout des membres installés dans leur région depuis plusieurs générations », précise-t-elle. Cet outil sera accessible sans frais au monde scientifique. L’équipe communiquera les résultats de ses études aux participants et participantes, sur son site copaq.ca et sur sa page Facebook.
Ce qui rend Claudia Moreau fière de son parcours? Avoir pu mener ses propres projets, avec l’appui des chercheurs côtoyés au fil des ans. Elle reçoit donc avec gratitude la distinction décernée par les Fonds de recherche du Québec. « Ce prix démontre qu’il est possible de faire une belle carrière en science sans faire un postdoctorat et gérer un gros laboratoire, estime-t-elle. J’encourage chaque personne à suivre sa curiosité et son ambition. Et tant mieux si ça convainc quelques femmes de choisir cette voie. En recherche, on a besoin de tout le monde… »
Au sujet de ce prix
Les Prix d’excellence des professionnels de recherche mettent en lumière l’apport crucial de ce personnel à l’avancement du savoir et à l’innovation au Québec. Ils ont été créés en 2016 par la FPPU et deux autres syndicats avec le soutien des Fonds de recherche du Québec. Trois bourses de 2500 $, 1500 $ et 1000 $ sont attribuées dans chaque catégorie : Nature et technologies, Santé ainsi que Société et culture.
Photo : Claudia Moreau, troisième place dans la catégorie Santé aux Prix d’excellence des professionnels de recherche 2022. / source collection personnelle
Prix des professionnels de recherche 2022
Frédérique Cornellier
Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
Kwe kwe, voisins!
En voyageant à l’étranger, Frédérique Cornellier a réalisé qu’elle souhaitait en apprendre davantage sur les peuples autochtones de son propre pays. Elle y voue maintenant sa carrière.
En octobre 2015, des femmes autochtones rapportent à l’émission Enquête avoir subi divers sévices aux mains de policiers. La « crise de Val-d’Or » vient d’éclater. L’affaire pousse le gouvernement à lancer des audiences publiques sur l’accueil que certains de ses services réservent aux premiers peuples. La commission recueille les témoignages de 450 personnes, puis formule des appels à l’action. Pour codiriger l’équipe de recherche, elle nomme une jeune professionnelle de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) : Frédérique Cornellier.
« Le défi était colossal », convient l’anthropologue, alors âgée de 34 ans. Cette enquête hyper médiatisée s’avère de première importance pour les Premières Nations et les Inuits. D’avril 2017 à octobre 2018, la conseillère en développement de projets autochtones et chargée de cours prend congé de sa carrière universitaire pour coordonner ce chantier de recherche. Il lui faut déployer une équipe de quelque 25 personnes et l’arrimer avec les spécialistes juridiques, psychosociaux, communicationnels, etc. Et les dossiers sont chauds. « Ce qui était fabuleux, c’est que tout le monde pagayait dans le même canot, vers le même but, décrit-elle. Une période exigeante, mais enrichissante! »
Voilà le genre de réalisations qui vaut à Frédérique Cornellier le Prix d’excellence des professionnels de recherche en 2022 — troisième place, catégorie Société et culture. Son travail la passionne. « Je considère comme un privilège de pouvoir collaborer avec des personnes autochtones pour que leurs communautés soient mieux connues et comprises, et en mesure de s’autodéterminer », formule-t-elle.
C’est en rentrant d’un séjour d’un an à Terre-Neuve, en 2004, que cette citoyenne du monde prend conscience de son intérêt pour les diverses civilisations. Elle choisit alors l’anthropologie, effectuant un baccalauréat à Québec et une maîtrise à Montréal. « C’est là que j’ai réalisé que je connaissais peu les populations de ma propre ville. » À la fin de ses études, elle s’établit à Val-d’Or, où vit une importante communauté anicinabe et crie, entre autres. Son mémoire examine la façon dont les Premières Nations habitent ce territoire urbain — joli prétexte pour aller à leur rencontre. Elle relate cette aventure dans Kitakinan… parce que la ville est aussi autochtone, ouvrage paru aux Éditions du Quartz.
Devenue agente de recherche à l’UQAT, elle se penche sur l’accès des Autochtones à l’éducation postsecondaire. En 2015, elle publie un rapport sur les besoins de ceux et celles qui fréquentent l’université ou le cégep de l’Abitibi-Témiscamingue. Des quelque 30 entrevues ethnographiques qu’elle mène, elle tire une passionnante série vidéo témoignant de la réalité vécue par ces gens. Elle conçoit de plus des outils pédagogiques pour aider le personnel enseignant qui les accueille.
Depuis janvier 2021, Frédérique Cornellier s’investit dans une nouvelle étude de la Chaire de recherche du Canada sur les enjeux relatifs aux femmes autochtones, dirigée par la professeure Suzy Basile. Son sujet : l’accès aux services de sages-femmes. Très peu de futures mères membres des Premières Nations profitent d’un tel accompagnement durant la grossesse et l’accouchement. Les sages-femmes pratiquent surtout dans le sud du Québec. Trop loin pour les Innues de la Côte-Nord, les Anicinabeg d’Abitibi-Témiscamingue ou les Atikamekw de la Mauricie… Le manque de suivi périnatal les force à s’exiler plusieurs semaines pour aller donner la vie dans un hôpital situé parfois à des centaines de kilomètres. Une réalité que l’universitaire a elle-même vécue en devenant mère, dans une maison de naissance de Gatineau. Pour elle, l’exil médical représentait un choix; pour nombre d’Amérindiennes et d’Inuites, c’est une obligation, faute d’alternative. Pouvoir consulter une accoucheuse diplômée permettrait aux résidentes des régions de passer ce grand moment près de leurs proches.
« Traditionnellement, des sages-femmes autochtones assistaient leurs consœurs durant la naissance, relate-t-elle. Mais la colonisation et la médicalisation de la grossesse ont saboté leur rôle et interrompu la transmission de leurs connaissances. Elles sont rares aujourd’hui. » La professionnelle cartographie actuellement les déplacements imposés aux futures mamans des Premières Nations pour obtenir ce service essentiel. Elle interroge en outre des directions de la santé des communautés ou organismes autochtones pour voir comment bonifier l’offre de soins périnataux. Ses recherches, soutenues par le ministère de la Santé et des Services sociaux, devraient se conclure sou peu. D’ici là, cette citoyenne engagée appuie à titre bénévole Objectif sages-femmes Abitibi-Témiscamingue, groupe qu’elle a cofondé en 2014.
De plus, la lauréate contribue à une démarche de reconnaissance territoriale entamée par l’UQAT. Avec le comité paritaire mis en place, elle pilote la cocréation d’un mécanisme pour saluer la présence des peuples autochtones dans la région. Le collectif espère élaborer un projet original, qui évitera le piège des paroles creuses en proposant des actions concrètes.
Son prix, Frédérique Cornellier le partage d’emblée avec ses collègues, toujours généreux de leur savoir. En particulier Suzy Basile et Janet Mark, membres des nations atikamekw et crie. « Cette distinction est une belle tape dans le dos, qui m’encourage à poursuivre mon travail », formule-t-elle avec gratitude.
Et si les cultures autochtones vous intriguent, la lauréate vous invite à parcourir la route des pow-wow cet été. « Ces fêtes proposent de la danse, de la cuisine, de l’artisanat… Ce sont des occasions parfaites pour aller à la rencontre des Premières Nations. N’hésitez pas à faire ces premiers pas! »
Au sujet de ce prix
Les Prix d’excellence des professionnels de recherche mettent en lumière l’apport crucial de ce personnel à l’avancement du savoir et à l’innovation au Québec. Ils ont été créés en 2016 par la FPPU et deux autres syndicats avec le soutien des Fonds de recherche du Québec. Trois bourses de 2500 $, 1500 $ et 1000 $ sont attribuées dans chaque catégorie : Nature et technologies, Santé ainsi que Société et culture.
Photo : Frédérique Cornellier, troisième place dans la catégorie Société et culture aux Prix d’excellence des professionnels de recherche 2022. / source UQAT
Prix FPPU/SPPRUL 2022
Collectif
Centre de recherche du CHU de Québec–Université Laval
Pour la première fois cette année, une série de distinctions a mis en lumière le savoir du personnel qui coordonne les laboratoires du Centre de recherche du CHU de Québec–Université Laval. Ces Prix des professionnelles et professionnels de recherche FPPU/SPPRUL, exclusifs à la communauté scientifique de l’établissement, ont été lancés conjointement par les deux organismes syndicaux qui représentent ces effectifs. Leur remise a eu lieu lors des Journées de la recherche tenues à l’Université Laval les 25 et 26 mai 2022.
Deux personnes ont donné des présentations orales de qualité exceptionnelle. Marc Bazin a ainsi été récompensé pour son exposé sur le service d’analyse de données à haut débit. Kelly Coutant a aussi captivé son auditoire en causant de communication et de signalisation cellulaire.
Isabelle Allaeys, Chakib Hamoudi, Kelly Coutant et Sandrine Beaulieu présentent leurs Prix des professionnelles et professionnels de recherche 2022. / photos Louise Leblanc
Quatre de leurs collègues se sont fait remarquer en vulgarisant leurs travaux dans un mini-exposé d’une durée de 180 secondes. Il s’agit de Sandrine Beaulieu, Chakib Hamoudi, Monica Lavoie et Michèle Rouleau. Cette dernière a aussi remporté le prix Découverte, catégorie Personnalité étoile, attribué par le Centre.
Enfin, Isabelle Allaeys, Marie-Pierre Baribeau et Julie Lapointe se sont partagé les honneurs pour leurs présentations par affiche.
Plusieurs des lauréats et lauréates sont membres de notre syndicat affilié, le SPPROC. « Ces nouveaux prix permettent de braquer les projecteurs sur des gens de grand talent tout en valorisant une profession indispensable à l’avancement de la science. Nous applaudissons ceux et celles qui ont remporté la palme cette année », déclare Claude Fortin, vice-présidente de la Fédération du personnel professionnel des universités et de la recherche (FPPU).
Au sujet de ces prix
Neuf distinctions récompensent des personnes à statut professionnel qui s’illustrent aux Journées de la recherche tenues par le Centre de recherche du CHU de Québec–Université Laval. Elles couronnent les plus remarquables présentations orales (2 prix de 300 $), mini-présentations de 180 secondes (4 prix de 150 $), et présentations par affiche (3 prix de 100 $). Elles sont cofinancées par la Fédération du personnel professionnel des universités et de la recherche (FPPU) et le Syndicat des professionnelles et professionnels de recherche de l’Université Laval (SPPRUL-CSQ).
En haut : lecture d’affiches scientifiques aux Journées de la recherche, tenues par le Centre de recherche du CHU de Québec–Université Laval les 25 et 26 mai 2022. / photo Louise Leblanc
